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Publié par Guy Leroy

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Je prends congé, je rentre 
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète 
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie 
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître 
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi. 
Pensons plutôt à toute la terre, 
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma, 
que nous sortions 
boire le plus rouge des vins. 

Je ne suis rien venu résoudre. 

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi. 

extrait de  "El Canto General")

 

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Françoise 19/01/2011 16:19



Je crois que je vais finir par aimer les icebergs. Je ne sais pas si ce sont eux qui ont inspiré ces poêmes, mais ils se complètent à merveille.


Je n'avais jamais lu Pablo Neruda. J'aime sa poésie.


Ces textes me donnent envie de le lire.