Dimanche 11 décembre 2011
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Une nouveauté. Avec Akbar apparaît un art nouveau dont les caractéristiques se
concrétisent au fort d’Agra, sa capitale : la grâce de l’architecture persane va se joindre aux formes massives de l’architecture hindoue. Si l’exubérant apport hindou reste important par
l’utilisation des grés rouges, des corniches, des chapiteaux, des kiosques et par ses techniques de construction, il sera tempéré par la rigueur géométrique de l’islam, qui, grâce au jeu des
pierres de différentes couleurs, échappe à la monotonie. A Fatehpur Sikri, nouvelle capitale entièrement crée par Akbar (encore en parfait état de conservation), tous les éléments de décoration
en grés rose et les techniques de construction sont dans la tradition hindoue, mais les colonnes hindoues sont ornées de motifs géométriques d’inspiration musulmane et s’harmonisent avec les
ogives islamiques.
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L’élégance. Sous Jahangir, le style devient plus léger et plus élégant. On mélange
grés rouges et marbre blanc et les motifs ne sont plus sculptés mais incrustés selon la technique de la « pietra dura » qui consiste en des incrustations géométriques de pierres semi précieuses
dans le marbre. Le mausolée d’Akbar à Sikandra, prés d’Agra, en marbre incrusté en est un magnifique exemple. La coopération entre artistes hindous et musulmans conduira à l’apparition de motifs
floraux en plus des dessins géométriques islamiques et tout en gravant le marbre et le grés de calligraphies coraniques, les artistes hindous sculptent des boutons de lotus. Mais c’est son fils,
Shah Jahan, passionné d’architecture, qui sera le grand bâtisseur du faste Moghol.
L’apogée. De 1632 à 1648, Shah Jahan fait construire le Taj Mahal. Le mausolée,
réalisé tout en marbre blanc, et les deux mosquées adjacentes, sont moins massifs que les réalisations précédentes. Orné de bandeaux noirs calligraphiés et décoré de fleurs en « pietra dura »
(par incrustation de pierres précieuses dans le marbre), le Taj Mahal est une merveille d’harmonie dont la parfaite symétrie n’est brisée que par un plan d’eau qui en donne une image inversée. La
coupole, d’un équilibre parfait, est une amélioration des anciens dômes, qui, hémisphériques et en ciment sous les Sultans de Delhi, sous Humayun et grâce aux artistes perses, évoluent vers le
marbre et s’allègent. En devenant plus bulbeux et étranglé à la base (comme un bouton de lotus), avec la coupole du Taj Mahal, le dôme accentue encore cet allégement. En même temps, Shah Jahan
transfère sa capitale d’Agra à Delhi et y construit le Fort Rouge et la Jama Masjid. Cette grande mosquée, qu’il fait édifier sur un terre plein pour dominer sa capitale, est un mélange de grés
rouge et de marbre blanc où trois coupoles de marbre blanc à cannelures noires sont équilibrées par deux minarets adjacents.
La décadence. C’est Aurangzeb, le dernier des « grands Moghols » qui, par sa
détestation des arts, stoppe le mouvement, persécute et chasse les artistes, précipitant dans le domaine des arts aussi, la décadence de l’empire Moghol.
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Les Miniatures Mogholes.
L’origine persane. Chassé par Sher Shah et réfugié en Perse depuis 1540, c’est
Humayun, qui, lors de la reconquête du pouvoir, ramena avec lui des artistes et des peintres persans. De même, ayant eu un précepteur persan, c’est Akbar qui créa un atelier de peinture où
exerçaient artistes persans et hindous. De cette symbiose entre le style persan et indien naîtra l’école moghole. Puis, les sujets des miniatures, échappant de plus en plus aux interdits
islamiques, deviennent plus profanes et les peintures décrivent des scènes de cour, de chasse ou de guerre. Sous Jahangir y figurent des animaux, principalement des oiseaux, et des fleurs, et
sous Shah Jahan les portraits s’accentuent, représentant des princes et des nobles. Le dessin devient très fin, les couleurs plus raffinées et l’or s’applique avec des pinceaux de quelques poils
seulement. Comme pour le reste, l’art de la miniature moghole disparaît avec Aurangzeb qui persécute les peintres et les artistes.
Art Rajpoute. Sous le règne d’Akbar, des ateliers de peintures se créent aussi
dans les cours des princes et apparaît un genre nouveau de miniatures dans les royaumes du Rajasthan. Ces peintures illustrent des légendes comme la vie de Krishna et ses amours avec des bergères
et ces miniatures poétiques aux couleurs vives et éclatantes cherchent à évoquer sentiments et passions. Grâce aux artistes Moghols chassés par Aurangzeb, les miniatures Rajpoutes seront
longtemps très florissantes.
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